Editorial

Au décours de deux mois de confinement, le Vésinet entre dans une phase de transition vers le retour progressif à une vie plus normale. L’illusion romantique d’un nouveau monde spontanément émergeant de la crise sanitaire a fait long feu. Les réalités antérieures au confinement nous rattrapent et s’y ajoutent les premiers signes de la crise économique et sociale à venir. Celle-ci impactera lourdement le secteur privé et notamment le commerce de proximité. Le secteur public aussi souffrira. Les finances de la ville subiront une baisse importante de certains revenus fiscaux (droits de mutation, taxes sur les entreprises par exemple). Le prochain budget de la ville verra aussi la disparition de la taxe d’habitation et une nouvelle diminution très probable de la dotation générale de l’Etat. C’est dans ce contexte que les enjeux  municipaux doivent être ré évalués, au Vésinet comme partout en France.

Or les problèmes du Vésinet demeurent inchangés. Le sous-investissement chronique observé au Vésinet depuis des décennies a conduit à l’état très préoccupant des infrastructures publiques avec une baisse progressive et incompréhensible des dépenses d’équipement (de 4.9 M€ en 2014 à 2.9 M€ en 2017) traduisant l’incapacité de l’équipe municipale actuelle à réaliser les investissements programmés malgré un budget prévisionnel en hausse et ne s’accompagnant d’aucune réalisation matérielle significative. Ce constat (entre autres !) a conduit 88% des Vésigondins à voter en Mars dernier pour un changement de gouvernance en Mairie. Dans un paysage régional où 80% des maires ont été reconduits dans leur fonction dès le premier tour, le score du maire du Vésinet est sans appel. La crise sanitaire aura beau avoir donné à l’équipe en place l’opportunité de faire plus en deux mois qu’en six ans, distribuer quelques masques ne cache pas les conséquences d’une gestion objectivement détestable tout au long de la mandature. A cet égard, deux mois de crise n’ont rien changé. Qui pourrait être dupe ?

Les enjeux municipaux modifiés pas la crise sanitaire ne seront pas que financiers. Ils seront humains car la crise économique qui se profile aura de profondes résonances sociales. Ils seront aussi organisationnels notamment avec la prochaine rentrée des classes qui se fera dans un contexte de pandémie persistante. Le programme tel que nous l’avons présenté avant la crise sanitaire reste par évidence le socle à partir duquel les décisions et les investissements pour notre avenir doivent être envisagés. Deux points seront néanmoins centraux dans leur mise en œuvre : le temps de déploiement des projets dépendra des conditions financières que le contexte imposera au budget municipal, et leur réalisation pratique devra tenir compte de certaines fragilités crées par la crise. Ainsi par exemple, d’éventuels travaux ne doivent pas être un surcroit de difficultés pour des commerçants déjà très affectés par la crise sanitaire. Plus encore qu’hier, c’est une politique volontariste favorisant les investissements publics qui seule permettra de relancer l’économie locale, de rendre le Vésinet plus attractif pour les entreprises et les commerçants, tout en préservant notre cadre de vie. Une nouvelle période d’immobilisme serait la pire des options. Nous devons ensemble, avec force, compétence et enthousiasme, nous jeter dans la bataille et ouvrir une nouvelle page de l’histoire de notre ville.

Le second tour des élections municipales devra donc porter aux responsabilités une équipe à la hauteur d’une situation économique et sociale difficile. Médecin hospitalier et chef de service, les enjeux humains et organisationnels ont toujours été au centre de ma vie et de mon action publique. Mon vécu personnel des deux derniers mois m’en a rappelé l’essence. Le contexte de la crise sanitaire éclaire d’un jour particulier l’importance de confier la conduite de notre ville à une équipe solide ayant à cœur de concilier l’exigence humaine et de nouvelles contraintes économiques. Plus encore que par le passé, nous voudrons collectivement privilégier la qualité de notre vie, modifier notre mode de consommation, protéger mieux notre santé et notre environnement, mieux vivre ensemble. Or ce beau projet naîtra pendant une période de crise économique et sociale sans doute violente.

Conjuguer la volonté de mieux vivre des citoyens et des contraintes économiques plus fortes encore que prévues. Préserver notre cadre de vie au coût le plus juste. Faire évoluer Le Vésinet vers son avenir en restant ferme et lucide sur les nécessaires équilibres financiers. C’est le projet que je porterai avec l’équipe « Le Vésinet pour Vous » pour le second tour des élections municipales et communautaires. C’est le projet dont Le Vésinet a besoin pour les six ans à venir.