Faire quelques courses alimentaires en centre-ville donne une sensation d’irréel, de vie au ralenti, quasi silencieuse, comme dans un mauvais rêve. Le Vésinet est sidéré. La majorité d’entre nous a dans son entourage un sujet atteint (ou suspect de l’être en l’absence de test de dépistage), une personne âgée en EHPAD ou une personne fragile isolée qu’il est difficile d’aller aider à son domicile. Pourtant, notre devoir est de rester en confinement. Douze jours déjà et probablement plus encore à venir …

La vie hospitalière comme la vie citoyenne est profondément bouleversée. « La vague arrive ! » nous dit-on. A l’hôpital, la vague est là. Autour de l’épicentre de la réanimation (quelques dizaines de lits) et des lits plus nombreux dédiés aux malades symptomatiques nécessitant une oxygénothérapie, le reste de la structure hospitalière se consacre exclusivement à l’accueil des patients pour lesquels une prise en charge rapide est nécessaire. Toute autre question est remise à plus tard.

Médecin moi-même, je peux témoigner ici du fait que les équipes soignantes font preuve d’un professionnalisme et d’un dévouement exemplaires. Pas de confinement possible pour les soignants qui assument le risque de contamination (et avec eux leurs familles qui vivent à leur contact !). Pas de confinement possible non plus pour les médecins généralistes et les infirmier(e)s libéraux qui travaillent dans des conditions objectives de pénurie de masques et de tests de dépistage.

Dans ce contexte, respecter les mesures de confinement est notre seule option collective. Mais soyons conscients que nous ne sommes pas impuissants ! Nous sommes tous les acteurs volontaires d’un traitement préventif basé sur la distanciation sociale. Choisissons tous ensemble de respecter ces mesures pour retrouver au plus vite une vie calme et sereine.